Reconversion professionnelle
Par Claire Szalata le mardi 2 décembre 2008, 23:14 - Articles - Lien permanent
Avec la Jeune Chambre Economique d'Angers, nous avons organisé un débat sur la reconversion professionnelle intitulé "Changement de cap" le 13 novembre dernier.
Nous avons invité 10 débatteurs, acteurs importants de la reconversion dans le Maine-et-Loire. Notre idée de départ était d'éclairer et de guider les personnes intéressées grâce aux interventions des professionnels.
Pour résumer, voici les 10 points clés du débat :
- la reconversion n'est pas une rupture mais un rebondissement. Le salarié se sert de son passé pour construire son nouveau projet.
- la reconversion nécessite motivation, énergie et détermination !
-Il est courant d'entendre dire qu'aujourd'hui qu'on ne fait plus le même travail toute sa vie. Pourtant, ce n'est pas si évident de changer en cours de carrière ; à moins de devenir son propre patron et créer une entreprise!
- certaines reconversions sont plus accessibles que d'autres selon les priorités fixées par les financeurs et selon les besoins du marché.
- le bilan de compétences peut être un moyen d'entrer dans la démarche ; il permet de mettre à plat les compétences et souhaits de l'intéressé soit pour préparer une reconversion, soit pour aider la personne à changer d'entreprise (secteur d'activité, taille) sans changer de métier ou alors, plus surprenant, pour amener la personne à prendre conscience que son travail et son entreprise lui plaisent ! Attention le bilan de compétences est un outil, pas une fin en soi !
- l'individu a besoin du soutien familial pour aboutir dans son projet : aide psychologique et financière !
- la reconversion passe souvent par une période de formation continue.
- l'Etat se désinvestit de la formation des adultes pour passer le relais aux collectivités et régions.
- le budget "formation des adultes" diminue proportionnellement à l'augmentation de la population.
- la reconversion choisie est plus facile à concrétiser que la reconversion subie (licenciement) ; en effet, la reconversion subie nécessite une période de deuil, et donc plus de temps alors qu'en général on lui accorde moins de temps.
Et voici quelques réflexions personnelles :
- Lors du débat, le public était davantage composé de professionnels des Ressources Humaines que de personnes susceptibles d'engager une reconversion. Je pense que les personnes ont besoin d'un déclic pour s'engager dans une reconversion : une perte d'emploi, un événement émotionnellement fort. Elles y pensent au préalable mais ne vont pas pour autant approfondir leur désir.
- D'où l'intérêt pour chacun d'être acteur de son parcours professionnel, de se former tout au long de la vie, par anticipation du changement. La reconversion choisie serait alors valorisée au détriment de la reconversion subie (tout le monde est gagnant !) ; mais pour cela il faudrait que les financeurs et les salariés jouent le jeu !
- Tout cela ne concerne qu'une partie de la population : ceux pour qui le travail est un élément important dans l'épanouissement personnel ! En effet, que fait-on des personnes qui ont exercé pendant toute leur carrière, le même métier dans la même entreprise ? ou les personnes qui trouvent une satisfaction ailleurs que dans le travail ? ou celles qui travaillent avant tout pour se nourrir ? ou encore celles qui ne veulent pas changer de profession?
Commentaires
J'ai souvent rencontré ces problèmes dans mon ancienne fonction. On ne peut obliger quelqu'un à faire ce qu'il ne veut pas.
La cause est dans l'entreprise elle-même qui a instauré des habitudes de vie. Et c'est difficile à perdre.
Pour aider les personnes en difficulté (celles qui ne veulent changer de métier, qui ne s'intéresse pas à leur métier, etc.), un coatching individualisé serait le plus approprié.
Un facteur souvent ignoré est le sentiment de sécurité que l'on a dans l'exercice d'un métier : on connait les attentes, on sait ce qu'il ne faut pas faire, etc. En changer, signifie remettre en cause l'intégralité de son expérience professionnelle.
Vous êtes passionnée par les ressources humaines, imaginé qu'un jour on décide de supprimer la fonction RH dans les entreprises parce qu'elle n'a pas convaincue. Le management des hommes c'est du pipeau, etc. Qu'allez-vous faire ? Sachant que toutes les aides ici présente seront supprimées puisque estimée inutile.
Je suis issue d'une reconversion, et ce problème je le connais très bien, y compris le rejet ensuite par les entreprises qui refusent de reconnaître les compétences acquises. Et les gens qui sont hésitant on peur de devoir affronter cela. Car du courage, croyez-moi il en faut bien plus qu'on ne l'imagine.
Le même jour, salon des entrepreneurs à la Cité des Congrès de Nantes, 9 000 visiteurs sans préjugés, cf.www.salondesentrepreneurs.com
Claire : "pourriez-vous être plus explicite ? je ne comprends pas ce que vous avez voulu dire ? Merci"
La reconversion, je l'ai choisie suite à un licenciement éco.
Après une formation, le problème est de trouver un emploi. On redevient débutante, on n'est pas autonome. Les entreprises sélectionnent d'abord les personnes expérimentées. Même si je suis dans une situation précaire, je ne regrette pas mon changement d'orientation et je n'ai aucune envie de revenir à mon ancien métier. Financièrement c'est difficile ; je n'ai plus de droits ARE.
Dire qu'on doit changer de métier plusieurs fois dans sa carrière professionnelle n'est que des belles paroles. La réalité est autre. Il faut se former (financement de sa poche si formation non listée par l'ASSEDIC et offres de formation en province sont limitées). Les exigences des employeurs sont de plus en plus élevées (diplôme, expérience, polyvalence) en contrepartie de salaires de plus en plus bas.
Les dirigeants arbitrent entre les intérêts des actionnaires, des clients et des salariés, mais ce n'est pas nécessairement un tiers, un tiers, un tiers...